Les MOOCs Quezaco?

Début Novembre, le magazine Courrier International faisait sa  Une sur  : « Havard pour tous »  : les cours des  grandes universités sont accessibles en ligne.

Le Monde de l’éducation, lui, titrait  sur « La classe Planétaire  » et retraçait le parcours de Dapné Koller, co-fondatrice de la plateforme de Moocs « Coursera ».

Pour « Courrier International », c’est une « Révolution », que le « Monde de l’éducation » présente comme étant  à l’échelle planétaire, rien de moins….

De quoi est-il question dans ces articles?

Depuis quelques mois, les universités de Columbia, Princeton, Harvard, l’université de Londres ou encore l’Université hébraïque de Jérusalem proposent gratuitement certains de leurs cours en ligne sous forme de clips vidéo. Il suffit d’une adresse pour s’inscrire.  Ouverts, ces cours ne limitent pas le nombre de leurs inscrits. La participation et le travail collaboratif des étudiants sont fortement encouragés, et, dans certains d’entre-eux (voir ci-dessous), leur travail est évalué comme dans une formation « en présentiel ».

Etudions donc la question d’un peu plus près…

Brève histoire des Moocs

En 2008, Georges Siemens  chercheur à l’université d’Athabasca et Stephen Downes, chercheur en éducation au Canada’s National Research Council ont lancé le premier MOOC consacré au connectivisme*

* Le connectivisme est une théorie de l’apprentissage basée sur l’apport des nouvelles technologies (Définition Wikipédia)

Dans leur cours, le connectivisme était à la fois le contenu et une méthode d’enseignement

Pour préciser cette définition, il peut être intéressant de se référer à ce qu’en dit l’un de ses fondateurs , Stephen Downes :

Il définit les Moocs comme un réseau social, qui vise à favoriser l’interaction entre étudiants. Aucun contenu d’enseignement n’est  imposé. Tout est disponible à travers des flux RSS. Chaque étudiant doit choisir le contenu le plus adapté à ses besoins et à son centre d’intérêt. Le Mooc est une infrastructure distribuée : les étudiants peuvent choisir leur propre logiciel pour créer leur contribution (WordPress, plateforme de Blog, You Tube, Pinterest, et même le jeu Second Life..). Les gestionnaires du Mooc regroupent les contenus créés par les étudiants. La plupart des participants sont abonnés à un bulletin d’information quotidien envoyé par courriel. Ce courriel  relie ensemble les parties du cours et est nécessaire pour suivre les discussions, et comprendre le cours.

L’interview, en français (un peu difficile à comprendre car Stephen Downes est anglophone) est disponible dans son intégralité en ligne sur le Blog Tipes (technologies innovantes pour l’enseignement supérieur)  :

http://tipes.wordpress.com/2012/07/18/les-cours-en-ligne-ouverts-et-massifs-explication-en-francais-par-stephen-downes/
Il est vrai que depuis plusieurs années déjà, on pouvait déjà  trouver des vidéos de cours magistraux des universités  de Yale ou de Princeton sur iTunes ou Youtube, par exemple. Mais l’ambition est désormais plus grande. Coursera * par exemple offre des cours avec des examens, des exercices, des délais pour le rendu de copies.
*Coursera est une start-up, l’une des plateformes de Moocs. Mais de cela, il sera question dans un second billet

Les différents types de Moocs

Avec le temps, les Moocs ont évolué. Entre le premier MOOC de 2008  et le premier cours proposé par le MIT dans le cadre de son initiative commune avec Harvard, l’approche est très  différente. De fait, on distingue deux types de Moocs : Les xMoccs et les cMoocs.   Les deux dispositifs sont très différents, et cela a des conséquences importantes tant sur la pédagogie utilisée, que sur les contenus enseignés. 
Un tableau comparatifs, recensant les différences précises entre xMoocs et cMoocs est disponible ici :
http://tipes.wordpress.com/2012/06/12/differents-types-de-moocs/
  • Les cMoocs

Les cMoocs, majoritairement consacrés au connectivisme (« c » de cMooc vient de connectivisme.), ont été complétés par des dispositifs consacrés aux Environnements Personnels d’apprentissage  (PLENK : Personnal Learning Environments, Networks and Knowledge). Dans les MOOCs sur le connectivisme, les participants sont invités à expérimenter l’apprentissage connecté en réseau, et dans les MOOCs sur les environnements personnels d’apprentissage, ils apprennent à constituer leur propre environnement d’apprentissage.


Les apprenants ont à leur disposition des lectures conseillées, mais non obligatoires. Des conférences en ligne sont organisées chaque  semaine. L’une est un exposé réalisé par un invité. L’autre, une discussion libre entre participants, modérée par un « facilitateur » (enseignant / professionnel).

L’autre partie des contenus d’apprentissage est créée par les  étudiants eux-mêmes.  Ils ont la possibilité de communiquer le fil RSS du blogue sur lequel ils publient leurs réflexions sur ce qu’ils apprennent  en cours.  Toutes ces productions sont agrégées et unifiées par les gestionnaires du Mooc elles  sont communiquées  par courriel ou sur des pages de réseaux sociaux., ce qui permet à la communauté d’être informée de tout nouveau billet . Certaines  références sont recensées sur Diigo, ou par  twitts, le tout portant le hashtag du cours.

Voici par exemple le Diigo du Mooc cck11 (Mooc consacré au connectivisme).

http://www.diigo.com/buzz/hot 

A l’intérieur de ces cadres, les apprenants sont libres de s’organiser comme ils le désirent. Le principe de base est d’ »apprendre en faisant ». Il y a certes un programme, qui renseigne sur les thèmes mais pas sur les apprentissages réalisés. La  participation n’est pas contrôlée,  » les apprenants vont et viennent au gré de leurs envies et disponibilités ». Il revient donc à chacun de gérer ses propres apprentissages.

Les institutions qui proposent ce genre de cours sont  soit des universités (moins cotées que celles qui proposent des xMoocs), soit des entités indépendantes comme la P2PU. https://p2pu.org/en/

  • Les xMoocs

Ils  correspondent à la mise en ligne de cours déjà existants.  Ils sont créés par de grandes universités et agrégés sur des plateformes de Moocs.  La nouveauté réside dans leur ouverture à des participants extérieurs par les  universités créatrices. Elle réside également  dans l’évaluation de ces apprenants extérieurs. On les appelle  » xMOOC »  en référence à l’initiative edX du MIT.

C’est tout pour aujourd’hui….

Dans le prochain billet, je proposerai un panorama de ce qui existe. Puis viendront les questions que pose ce « déferlement » de Moocs, de cette offre de connaissance(s) en ligne :

  • Pourquoi proposer un Mooc ?
  • Quelles sont les spécificités pédagogiques ?  (en dehors de celles déjà évoquées ici)
  • Qu’en est-il de la certification, de la délivrance de diplômes ?
  • Quels choix font les universités pour les infrastructures techniques d’accueil ?
  • Y a t’il une évaluation de la qualité des cours distribués ?
  • Quelle est la place de l’enseignant dans un Mooc ?
  • Les Moocs signent-ils le début de la fin de l’Université ?
  • Quelle est leur visibilité ?
  • Vers quel modèle économique vont-ils évoluer? Peut-on imaginer l’avenir ?

Enfin une  dernière question, non des moindres, et qui n’est pas sans rapport avec la précédente,   : qu’y a-t-il « derrière » cette mode des Moocs ?  Comme le dit si pertinemment  Jean Mchel Salaün dans son bloc notes Economie du document (http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2012/10/31/Un-COurs-Ouvert-Pour-Tous-(COOPT)-en-ligne) :

« On peut y voir une politique généreuse, une industrialisation de l’éducation ou une habile stratégie de marketing « 

 

 

 


 

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